Où va l’herméneutique ?

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p. 10 En pays de connaissance, donc.
p. 12 Qui n’est pas chez soi est ailleurs, en pays étranger, « à » l’étranger, c’est-à-dire ouvert à l’étrangeté. […] 
Transformer l’étranger en familier  ; non pas tout savoir, mais n’être pas en milieu hostile, l’hostilité étant l’une des formes de l’étranger ; non pas tout savoir, mais pouvoir s’orienter, trouver son chemin à partir de sa situation.
p. 14 Cette joie tient à la compréhension totale « tout comprendre ». Ici aussi, « tout comprendre » n’est pas comprendre immédiatement « comprendre le tout ». […] ce que signifie tout comprendre : « être partout chez soi – avoir connaissance de tout – pouvoir s’en sortit partout ». […] L’orientation est donc à la fois savoir et pratique.
p. 16 Comprendre consiste saisir des rapports entre le tout et la partie, à établi une connexion entre éléments, à forger une synthèse et réaliser une cohérence..
P.18 Toute herméneutique comme art de comprendre et d’interpréter prend donc son départ dans la non-compréhension ou la mécompréhension du « discours », d’une unité linguistique prétendant au sens : la volonté de comprendre de se manifeste que lorsque l’on ne comprend pas mal, lorsqu’il y a expérience de «  quelque chose d’étranger » dans le discours.
p. 20 Comprendre signifie aussi savoir tracer les limites de la compréhension […] Comprendre signifie pour nous mettre un terme au processus d’interprétation. Je comprends veut alors dire « Ça va j’ai compris ; j’en sais assez, je n’ai pas besoin d’en savoir davantage pour saisir le point qui importe, celui auquel tu veux revenir, celui qui me permet de faire ce que tu attends. » 
p. 24 L’expérience que nous faisons du comprendre est au contraire le plus souvent celle d’une lente et longue maturation, d’un long travail sans cesse remis sur le métier et toujours intimement confronté à son objet.
p.27 Kant, dans ses cours de Logique, distingue sept degrés dans la connaissance suivant l’objectivité de nos représentations : 1.la simple représentation, 2. la représentation avec conscience qui est « perception », 3. le « savoir », 4. « connaître » (savoir avec conscience), 5. « entendre », c’est-à-dire concevoir ou reconnaître par l’entendement moyen de concepts, 6. « discerner » qui est une connaissance par la raison, et enfin 7. « comprendre »  qui est une connaissance a priori pas la raison et cela « de façon suffisante à nos fins ».
p. 28 et 29 1. La dimension opposant le vrai et le faux habite toute compréhension, c’est-à-dire que comprendre présuppose que nous fassions la distinction entre bien comprendre et mal comprendre, entre comprendre et ne pas comprendre.
2. Pour tout type de compréhension, on peut distinguer des niveaux qui peuvent être ordonné. Ces niveaux de compréhension, d’un texte par exemple, correspondent à des activités cognitives distinctes : ainsi, « comprendre ce qu’un auteur dit en retrouvant la signification conventionnelle des signes qu’il utilise » se distingue de « comprendre ce qu’un auteur veut dire, c’est-à-dire quelle est l’intention qu’il rattache à son texte », etc.
3. Il existe des principes généraux de l’interprétation qui rendent possible la compréhension, comme celui de l’équité herméneutique qui veux que l’on présuppose le caractère rationnel est sensé de ce qui nous est communiqué à titre de condition de possibilité de la compréhension.
p. 57 On comprend alors comment peut être reprise l’idée que la langue nous parle, c’est-à-dire qu’à la fois il s’adresse à nous et qu’elle dit notre être. En cela, elle nous parle plus nous ne la parlons.
p. 60 Les divers aspects importants du langage : la dimension cognitive, la dimension expressive et la dimension communicative.
p. 72 D’une part, parce qu’une telle expérience, dans on immédiateté, n’interprète pas. Ressentir, deviner, n’est pas interpréter, tout au plus s’agit-il là de moments qu ipeuvent être inscrits dans un processus d’interprétation. […] Je n’ai vraiment compris que ce que je puis ressaisir et exposer dans un ordre rationnel nécessaire à la communication.
p. 100 dès que nous cherchons à comprendre, nous cherchons à comprendre mieux — ce qui implique que nous cherchons à comprendre « mieux que l’auteur ».
p. 111 Habermas relève trois fonctions du langage : 1, la «em> cognition, c’est-à-dire forger les pensées et présenter les faits ; 2, l’expression, c’est-à-dire exprimer les sentiments et susciter les émotions ; 3, la communication, c’est-à-dire faire part, soulever des objections et réaliser des accords.
p. 138 Le seul critère de la vérité est formel : la non-contradiction, dont nous n epouvons jamais être intégralement, c’est-à-dire définitivement assurés.
p. 142 La première maxime inite à « penser soi-même ».
p. 143 Aussi la seconde maxime nous invite-t-elle à penser en se mettant à la place de chaque autre.
La troisième maxime invite à toujours penser en accord avec soi-même.
p. 150 On ne communique que la forme et non le contenu.
p. 170 Pour nous autres hommes, la possibilité de la véritable pensée est dépendante de la possibilité de la communication, de la possibilité de faire part et de faire partager des pensées. Ry donc pour les autres, de les comprendre.
p. 180 Il me semble que nous pouvons aussi par là lire les trois maximes : penser soi-mêmeLe seul, n’est qu’une opinion, relève du seul possible et donne des jugements problématiques  ; penser en se mettant à la place de chaque autres est rendre la pensée existante […]  savoir sera en revanche ce que la pensée conséquente, visant l la totalité cohérente, cherchera à atteindre. La pensée conséquente sait de manière nécessaire dans des jugements apodictiques. C’est là ce qu’il y a de plus difficile, car en réalité nous sommes sans cesse renvoyés soit à la pensée autonome, soit de la volonté à penser intersubjective.
p. 191 Nous avons vu que la nécessité de l’interprétation tenait à la confrontation entre un sens que nous attendons, que nous projetons donc, et celui que nous pensons rencontrer dans la matérialité qui nous est extérieure, dans un objet sui pour nous est un signe.
p. 192 C’est grâce à ces repères, à ces signes de la pensée autres, grâce aux paroles ou aux réactions de l’autre, que je m’oriente moi-même.
p. 193 Il y a dans toute interprétation une prétention à la validité. Interpréter est « trouver » un sens qui n’est pas accessible immédiatement, mais que l’on accepte lorsqu’il semble convenir, être approprié.
p. 194 Le sens retenu sera donc le sens tenu pour vrai, « tenir pour vrai » étant, nous l’avons vu avec Kant, la forme dans laquelle la vérité se donne à l’homme comme être à la connaissance finie.
p. 212 L’idée de perspective est intimement liée à celle d’orientation : c’est en connaissant une perspective sur le monde et dans le monde, dans un monde où mon action et ma pensée peuve trouver un sens, que la raison rend possible une orientation.
p. 218 Être désorienté signifie être perdu. Lorsque nous sommes perdus, nous faisons une expérience fondamentale : c’est « le moment où nous faisons l’expérience douloureuse du monde alentour et, confondus par lui et en lui, avons le privilège de le sentir comme élément radicalement étranger ». S’orienter est alors la capacité de « s’y retrouver » dans une situation d’étrangeté […]. Pour s’orienter, il convient de déterminer des directions à partir desquelles le sujet trouvera les siennes propres, c’est-à-dire pourra élancer sa pensée ou ses actes.
p. 214 S’orienter signifie au sens propre du mot : à partir d’une région donnée de l’univers (nous divisons l’horizon en quatre régions), trouver kes autres, et en particulier le levant. Lorsque je vois le soleil au ciel et que je sais qu’il est alors midi, alors je sais trouver le Sus, l’Ouest, le Nord et l’Est.
p. 313 On retiendra donc, […] que le point de départ de l’activité de comprendre est la non-copmpréhension, c’est-à-dire un rapport d’étrangeté à ce que d’autres hommes ont produit ou l’expérience d’une rupture dans la transmission du sens.
p. 336 L’interprétation est tout aussi indispensable parce que nous avons trop de sens et qu’il nous faut organiser, trier la diversité du sens qui s’offre à nous. Nous naissons toujours déjà dans le sens, mais les images du monde, les conceptions du monde, par exemple, sont souvent trop nombreuses pour pouvoir assurer leur fonction d’orientation. C’est pourquoi le sens n’est pour nous que réinterprété, reconstruit. C’est là au fond ce que nous appelons ke principe de la « remise en sens », qui affirme que le sens n’est pas immédiatement projeté ni immédiatement reçu, mais n’est que renaître
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