Où va l’herméneutique ?

Entrer dans une pensée

Michel Meyer Le questionnement
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p. 26 Est-il même nécessaire que nous pensions par questions ? Est-ce que penser, ce serait toujours répondre à une énigme, interroger le spinx, sonder l’abîme, comme, depuis les Grecs, l’a voulu passionnément l’Occident ?

p ; 31 Dès lors qu’on a cerné la différence, il est vrai, qu’on a réparti le « même » et l’« autre », on est rentré chez soi. « Comparer », c’est — le sait-on ? — une autre façon de ne pas se déplacer : de ne pas quitter, donc de ne pas entrer. Car on est demeuré dans ses catégories de départ, formant surplombs, à partir des quelles on range ; l’hétérotopie et le dépaysement n’ont pas joué.

p. 156 Que ces penseurs s’opposent ostensiblement entre eux ne doit pas dissimuler, en effet, combien il faut d’abord s’entendre, en amont, pou pouvoir s’opposer — ce que j’ai appelé un « fonds d’entente » de l apensée. S’opposer suppose un champ où du vis-à-vis puisse s’organiser, nest envisageable que dans le cadre d’un possible déjà esquissé. « Dans toute discussion (réfutation), il y a de l’indiscuté (irréfuté) », disait Zhuangzi, c’est-à-dire qu’il y faut un indiscuté partagé — qu’on ne songe pas à discuter — à partir duquel seulement on peut discuter et se réfuter.

Où va l’herméneutique ?
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